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Publié le 20 Janvier 2022

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

A bien comprendre la stratégie d’Eric Zemmour pour défendre les valeurs de notre nation et plus largement encore celles de l’Europe, le christianisme serait son cheval de Troie.

On pourrait bien en admettre le principe au regard des affrontements civilisationnels du passé, mais à moins de s’accorder avec C. Maurras, pour lequel le catholicisme était une arme de guerre avant tout, je ne vois pas comment monsieur Zemmour, qui n’a ni la foi ni le christianisme fondamentalement dans la peau, puisse plus culturellement que cultuellement compter sur le soutien de l’Eglise Universelle !

Car cela reviendrait à prétendre que les seules valeurs du christianisme, et plus précisément du catholicisme, assureraient une sous-couche stable et durable sur laquelle plus de 80% des français, qui se disent aujourd’hui peu concernés par la religion, devraient s’inspirer voire se plier pour rester français. Cela me rappelle le vieux cantique du XIXème : « Catholique et français toujours ».

Mais E. Zemmour devrait dès lors convaincre l’épiscopat et la Rome du Pape François Ier ! Car sans eux toutes les tentatives de ralliement seraient vaines. Espérer celles du peuple, encore moins. Je doute que ses adhérents soient en majorité de vrais dévots !

Pour le dire en toute franchise, espérer cette récupération par le « religieusement correct » est d’autant plus voué à l’échec que le christianisme, particulièrement en Europe, est en voie d’extinction à cause même de ses propres divisions !

Au fil des années, les églises se ferment, les monastères se désertent, leur fréquentation ne tenant plus qu’à un îlot de nostalgiques ou de superstitieux, les épiscopats prennent acte de la déclergification sur tous les terrains sans pouvoir y remédier. On pourrait toujours rétorquer - A qui la faute ? Je suis de ceux qui, au regard de la situation actuelle, pensent effectivement que les prêtres et leurs hauts dirigeants se sont sabordés en oubliant dans leurs programmes de reconquête, les valeurs mystiques du Sacré.

« Pour se consoler, écrit Mathieu Bock-Côté dans le Figaro du samedi 15 janvier 2022, - on verra néanmoins dans les derniers événements une preuve paradoxale de la permanence du sacré en nos sociétés. Même vides, les églises demeurent au cœur de l’architecture mentale du pays. » Autrement dit, l’Art seul fera son chemin de Compostelle !

C’est ici que monsieur Zemmour fait fausse route. Car, en se servant des valeurs jadis du christianisme pour gagner des élections à la française, c’est oublier la phrase du Christ – Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu – Reconquérir une nation totalement déchristianisée lorsqu’au cœur de celle-ci la mystique et le sacré n’ont plus guère de résonance, refondée tous les jours par les doctrines de la « cancel culture » et du « wokisme », je lui pose la question, si son discours est prêt à saisir d’abord les âmes avant celles du corps électoral ?

Peut-on lui laisser croire que les isoloirs permettent aux français de se recueillir le jour du vote, pour réunir croyants et incroyants au pied du Trône céleste, en attendant le soir même des élections, le souffle de l’Esprit-Saint qui peut-être cette fois-ci, jaillira exceptionnellement d’une petite cheminée de l’Elysée, - fumée blanche ! s’écrira-t-on ?

Je crains alors que la synagogue où monsieur Zemmour a ses habitudes, n’éternue à ses nuages de fumée incendiaires. A mon avis, se servir ainsi des clochers pour rivaliser avec des mosquées, n’aura rien d’autre pour effet que d’assurer une division entre tous les français, et finalement mettre en œuvre ce qu’il reproche à Macron.

Et il est illusoire de se croire aujourd’hui le légitime serviteur de Dieu en Occident, en se prenant pour Charles Martel ou Jeanne d’Arc ! Encore moins en s’inspirant de Napoléon, qui fut à cet égard considéré par le pape régnant, comme un démon.

 

Bernard DUVERT

16 janvier 2022

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 8 Décembre 2021

NEWSLETTER N°3
Quel prochain archevêque pour Paris ?
J’ai connu Notre-Dame depuis les années 60, le cardinal Feltin et son coadjuteur qui lui a succédé, monseigneur Veuillot, figure du gothique flamboyant. Ensuite, le cardinal F. Marty, le paysan du Rouergue. Puis, le cardinal Lustiger, personnage nombriliste et acariâtre, monseigneur André Vingt-Trois, une bonne pâte de guimauve, l’ombre rampante de son prédécesseur, et enfin monseigneur Aupetit, le parfait VRP, fonctionnaire incolore inodore.
En résumé, j’ai vu Notre-Dame de Paris s’émietter de successeurs en successeurs, jusqu’à la réduire à une sorte de paroisse ordinaire, aux chants médiocres faisant étalage d’un patrimoine que tentaient de relever quelques castafiores en tenue bleu pétrole, s’égosillant dans un micro.
Ne parlons pas de ces têtes mitrées aux allures bon-enfant, dont le seul public qu’elles charmaient, ne tenait qu’à quelques groupies cathos, béates et inexistantes ! Rien d’étonnant que monseigneur Aupetit, dans ses projets de restauration de Notre-Dame, souhaitait ouvrir sa cathédrale à plus de touristes, afin de diluer ce reste de brebis égarées, histoire de remplir une cathédrale vide de fidèles réels. Quant à la direction du diocèse, à lire et à entendre le témoignage de ses prêtres, et ce depuis le cardinal feu Lustiger, c’est un ras-le-bol qui n’a cessé de s’amplifier, jusqu’à ce que monseigneur Aupetit s’en étonne ! Certes, sa démission n’est pas tant la résultante d’une affaire trouble qui pèse sur lui, que celle d’une accumulation (de plaintes) qui pourrait expliquer cette chute (le Figaro/vendredi 03 décembre 2021).
Qui pourrait dès lors relever le défi ?
J’ai l’intime conviction qu’une Eglise qui a perdu sa mystique, et donc son rapport au Sacré, n’est plus respectée et n’aimante plus. Celui qui succédera à la médiocrité devra avoir d’abord un visage charismatique. Ce qui signifie aussi, une tête bien faite et bien pleine, comme le disait Montaigne. D’où l’autorité qui en découlera logiquement. Il devra de ce fait avoir le sens du Sacré dans la modernité d’un monde en quête de vraies valeurs spirituelles et artistiques. Aussi devra-t-il être un homme sensible, un acteur de la mise scène, de « la beauté avant toute chose » pour citer Baudelaire. « Peut-être que le début du commencement de la preuve de l’existence de Dieu, c’est dans l’art qu’on la trouve. Il y a une dimension mystique de l’art, si on ne la comprend pas, on ne comprend rien. » - dixit Nicolas Sarkozy, mardi dernier à la salle Gaveau (Figaro/03 déc. 2021). En somme, la perspective d'un homme idéalement novateur, à la personnalité forte, provocateur quand il faut l’être, sans jamais manquer d’esprit. C’est aussi le propre des gens intelligents.
Ajouterais-je que si la qualité d’un ministre de l’Eglise est d’abord de refléter l’image même du Christ, il n’est et ne sera jamais pour autant le Christ. En cela, la Foi est une chose et la religion en est une autre. La religion est à la politique ce que la Foi est au cœur. Si elles s’accordent, tant mieux ! Si elles ne s’accordent pas (ce qui est plus souvent le cas), il faut alors considérer que les ministres sont d’abord les représentants d’une religion, donc d’une politique à vitrine. D’où la nécessité de maintenir des rituels, des fastes liturgiques, de la dignité vestimentaire, car ce qui est en jeu n’est pas seulement la Foi des acteurs mais leur mise en scène pour un large public qui a besoin de rêver, de transcender, de quitter un moment les turpitudes de ce monde.
Car il ne faut pas oublier que si les sondages révèlent aujourd’hui une Foi en disparition, elle ne reviendra pas par des discours, ni encore moins par des sermons prosélytistes « prêchi-prêcha », mais comme je l’ai déjà souligné, par la beauté. La transcendance du Beau se révèle en toutes choses nobles et dignes de respect.
Il faudra donc que le prochain élu à la Cadex de Paris, prenne tout autant en compte des réflexions de ses contemporains, qui ne reviendront jamais sur les nostalgies du passé, ni plus encore vers les lobbies les plus farfelus.
En conclusion de quoi, je souhaite voir élu un homme puissant, charismatique, habile, intelligent, mystique, artiste, metteur en scène, diplomate, avec grand esprit, une grande Foi, mais aussi un homme de conviction dans son rôle représentatif et administrateur de haut rang pour son diocèse. A une époque où la renommée de l’Eglise a perdu tout crédit, il est temps pour Elle de ne pas tant se prendre pour un Jésus sur le calvaire que dans sa gloire de ressuscité.
Je ne vois, pour résumer tout cela en un seul personnage, qu’un moine bâtisseur.
Bernard DUVERT (Père Marie Bernard)
03 décembre 2021

 

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 2 Décembre 2021

Je rebondis sur l’éditorial de Vincent Cespedes paru dans le Monde du 26/11/2021, afin de souligner mes points d’accord et de désaccord avec lui.
J’engage avec vous cette Newsletter, chers lecteurs, soucieux de partager ensemble nos points de vue dans une publication qui pourrait voir le jour tôt ou tard sur plusieurs autres sujets.
Ici, et par rapport aux drames de la pédophilie dans l’Église, il s’agit de reprendre le condensé du texte de Vincent Cespedes, philosophe, qui n’hésite pas à écrire « dissolvons l’Église Catholique » au nom de « l’étendue des crimes sexuels commis par les religieux ». Il ajoute que cela aurait pour « conséquences non pas – utopiques -, mais salutaires : la fin de la domination d’une institution massivement et systématiquement criminelle… »
Mon point d’accord serait effectivement, comme il le développe, de réhabiliter une sorte de statut associatif comme, souligne-t-il, il existe l’association diocésaine, qui « aurait l’avantage de briser cette structure centralisée, sans contre-pouvoirs et ultra toxique ». Il rappelle à ce titre « que l’Église catholique n’est pas la religion catholique. La première est une institution sous statut particulier ; la seconde est une foi partagée au-delà même des institutions qui la sous-tendent ici ou là. »
Dans une société où une galaxie de lobbies fait loi, le point positif à une telle proposition aurait l’avantage que chacun s’y retrouve. Les conservateurs comme les plus avant-gardistes exprimeraient une liberté de penser et d’agir qui ne dépendrait plus du seul verdict d’un évêque et encore moins de Rome. Tout comme au temps des premières communautés chrétiennes, où celles-ci choisissaient de s’organiser entre elles. Il y avait, grâce au concours de l’apôtre Paul, l’Église d’Ephèse, l’Église de Corinthe et tant d’autres qui s’ajoutaient, telle une magnifique mosaïque où l’Orient a su en chacune de ces Églises, construire sa propre autonomie. Tout le Centralisme Romain est l’aboutissement et la volonté de Constantin au IVème siècle, se concrétisant par une lutte acharnée entre le Pouvoir autoritaire qu’il installait à Rome et l’indépendance des Églises d’Orient. Pouvoir qui se perpétue toujours aujourd’hui dans les directives pontificales, sous des allures soi-disant plus ouvertes à l’écoute des autres !Comme le souligne, à juste titre, Vincent Cespedes, « l’Église Catholique (en France) n’a jamais digéré la loi de séparation des Églises et de l’Etat de 1905 »… c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle trouva une sortie de secours en créant son statut propre : l’association diocésaine (1923). Ne faut-il pas ajouter que ce statut lui a servi et lui sert encore de contre-pouvoir pour parer à d’autres « association cultuelles qui éroderaient son pouvoir, et ainsi de préserver le lien de – communion – et de subordination – qui lie ses évêques au Vatican. »
En conclusion de quoi, sur ce point, il serait important voire nécessaire, devant les risques de radicalisation du Pouvoir Suprême, souvent injustes, que chaque croyant retrouve sa liberté de conscience et d’action. Foi et conscience sont liées à cette liberté fondamentale d’action, à laquelle s’oppose tout système totalitaire. Il semble, que le Message du Christ, qui à cet égard n’a fondé aucune législation ecclésiale, exprime cette profonde liberté d’être soi-même – non pas catholique mais « catho-libre ». C’est, à mon avis, une voie d’avenir en un temps où la majorité du monde catholique s’est dissoute dans une nébuleuse gazeuse incolore, inodore face au débat actuel. Le dernier bastion étant ce que l’on nomme péjorativement : les cathos.
Par contre, dois-je à présent souligner mon point de désaccord avec Vincent Cespedes. Certes, si cette dissolution de l’Église Catholique dans une « multiplication d’associations cultuelles » aurait l’avantage de neutraliser sa capacité d’excommunication, tant pour les prêtres fidèles au Missel de St Pie V que pour ceux qui prendraient d’autres libertés liturgiques, elle ne saurait s’appuyer sur cette nouvelle organisation afin de justifier la levée définitive du secret de la confession, comme le souhaite Vincent Cespedes dans ce même éditorial. La liberté et le secret ne sont pas opposables. C’est la liberté de conscience qui doit primer. Et c’est la raison aussi pour laquelle le secret vaut ce qu’il est par lui-même, sinon il n’aurait plus de sens. Si la personne vient confier au prêtre son secret, il doit y avoir une réciprocité de consensus sur la démarche en elle-même.
D’autre part, je récuse cette forme d’amplification discriminatoire que Vincent Cespedes utilise à ses fins pour dénoncer dans l’Institution Église ce qu’il appelle sa « domination massivement et systématiquement pédocriminelle ». C’est non seulement outrageant mais diffamatoire envers celles et ceux qui sont attachés à de vraies valeurs, porteuses d’une Histoire et d’une Tradition multiséculaires. De par son anticléricalisme affirmé, Vincent Cespedes n’hésite pas à profiter de cette situation pour remettre en cause l’Institution tout entière. C’est un peu comme si on cédait à l’idée, qu’au regard du nombre des viols et harcèlements sexuels, il faille tuer tous les hommes !
Bousculer les codes ne veut pas dire imposer d’autres codes. Je suis à ce titre bien placé pour me positionner ainsi, vu mon parcours depuis le petit séminaire dans les années 60 à mon ordination presque vingt ans plus tard. Il m’a été très difficile de trouver ma place au sein d’une cléricature figée en mode quasi-féodal. Pour autant, j’ai su développer mon identité propre, en me démarquant bien du Système Église, et de ses acteurs dont je ne me suis jamais privé de dénoncer l’hypocrisie, voire même les mensonges. Mes ouvrages, me semble-t-il, ont répondu à la perfidie d’une théologie morale dangereuse, déconnectée de notre temps, et faisant par là-même des victimes de l’intérieur (Rose soutane, Éditions de la Différence, 2006 / Le Calice des secrets, Éditions de la Différence, 2017).
Que chacun puisse s’épanouir dans ses caractéristiques propres, serait faire preuve de tolérance, et préserver d’autres prêtres qui ne méritent pas qu’on les mêle à l’ivraie. On peut avoir été victime de violences ou d’abus sexuels, se reconstruire ou non, sans avoir à jeter l’opprobre sur la globalité d’une religion, quelle qu’elle soit.
C’est mon point de vue… j’attends le vôtre !
Bernard DUVERT (Père Marie Bernard)
1er décembre 2021
té Max Jacob
 

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 22 Novembre 2021

Un article paru dans le Monde de la première semaine de novembre, signé Jacques Musset, m’interpelle sur la relation qu’il fait entre le rapport Sauvé concernant la pédophilie dans le clergé et la remise en cause du célibat des prêtres. Y-a-t-il un lien de cause à effet ? Je ne le pense pas.

Certes, je partage son sentiment sur l’aspect clérical dont il écrit « que le célibat des prêtres en est l’une des manifestations éclatantes. » Mais pour autant, il reconnaît qu’« en supposant que Rome autorise aujourd’hui le mariage des prêtres masculins et admette que les femmes peuvent désormais accéder à la prêtrise, rien ne serait changé fondamentalement dans le système… »

Cela dit, la question de la pédophilie dans l’Église est à mon avis un autre sujet qui ne dépend pas de cette « révolution copernicienne » dont le rapport Sauvé fait état. La pédophilie est une déviance sexuelle que l’on peut constater tant chez les célibataires que chez les couples mariés. Et ce n’est pas en introduisant des laïcs et plus encore des femmes, dans les rouages du monde clérical, que les choses changeront. Bien au contraire, une défiance s’installera, favorisant d’autres formes de silence et de non-dits.

Il s’agirait plutôt d’observer que cette tendance pédophile est bien antérieure même à l’injonction du célibat dans l’Histoire de l’Église. De plus, elle ne touche pas d’ailleurs que des hommes ou femmes d’Église, mais bien d’autres milieux socio-ethniques. Mais, pour s’en tenir à l’appareil purement clérical, que dénonce bien justement Jacques Musset, n’est-il pas plus ancré dans un aspect doctrinal que sociétal ? Car, sans l’avouer explicitement, l’Église, en s’appuyant sur la doctrine de l’Apôtre Paul, au caractère très misogyne, a toujours favorisé la supériorité des hommes sur les femmes. D’où un monde d’hommes vivant en mode clos auquel on confiait des enfants afin de perpétuer la race sacerdotale et masculine. Aura-t-on la lucidité d’en tirer toutes les conclusions pour comprendre la sexualité d’une partie importante des hommes d’Église ?

C’est ici précisément que je perçois l’hypocrisie des évêques, tantôt battant leur coulpe sur eux-mêmes, tantôt considérant la responsabilité du Système…. Selon que ça les arrange. Mais quel Système ? Sinon celui qui les a obligés à ce silence. Alors on retiendra leur préoccupation à dédommager financièrement leurs victimes, n’hésitant pas à sacrifier quelques biens immobiliers conservés précieusement jusqu’à ce jour. Est-ce ainsi qu’on se lave les mains ? Cette question financière est d’ailleurs, tant du côté des victimes que de celui de la hiérarchie, plus ou moins malsaine. Comme si l’argent pouvait à lui seul réparer les blessures ! Sur quelle base se positionneront-ils, pour des victimes dont les faits remontent sur plus de cinquante ans, sans parfois aucun témoin, et donc aucun élément à charge réellement prouvable ? D’avoir vu ces évêques à genoux à Lourdes donne le frisson, même si l’image est forte. Celle d’une Église définitivement à genoux, sombrant sous des scandales de toutes sortes et dont la crédibilité s’effrite peu à peu depuis de longues années. C’est une Église en déroute qui résume à elle seule la fin d’un monde. Une Église consentante, de force, à courber l’échine devant la loi républicaine ne sachant plus trouver d’issue de secours. Par voie de conséquence on remarquera, dans son interview au Figaro du 09 novembre, que Mgr Éric de Moulins-Beaufort ne se référencie même plus à l’Église mais au Christ : « l’Église, en tant que telle n’est pas mon souci… ce qui compte n’est pas l’Église, c’est le Christ. » Habile. Je croyais pourtant que le Christ était l’Église, Corps mystique, et si les lois de la République sont au-dessus de la religion, l’Église dans le Christ n’y est objectivement pas subordonnée. Rajoutant comme parade finale : « Ce qui compte pour nous… ce n’est pas d’être des gardiens de l’Église ».

Je doute fort que le Christ, dont il se réclame, ne leur rétorque tôt ou tard : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ainsi peut-être l’aveu que les hommes d’Église ne ressemblent plus aux disciples choisis à l’origine par le Galiléen.

Confiant, le Président des évêques de France se dit « libéré » du poids qui pesait sur ses épaules. Rien que ça ! À terme, cette repentance en trompe-l’œil n’accouchera que d’une souris. Le Titanic que l’on croyait insubmersible, s’enfonce progressivement avant même d’avoir touché l’iceberg.

 

Bernard DUVERT

09 novembre 2021

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 15 Février 2021

Messe à la galerie Benchaïeb à Paris en mai 2003, avec Mgr Jacques Gaillot. Photo : Xavier Grandsart

Devenir prêtre était plus qu’un rêve d’enfant. J’avais six ans lorsque j’en ai manifesté les signes. Le jour de mon ordination, je rayonnais de ces années d’attente. J’avais trouvé ma voie. Sauf que les lendemains n’ont pas été heureux. Des obstacles, j’en rencontrais partout, et particulièrement chez les gens d’Église. Parfois, c’était comme dans les premiers temps du christianisme, je devais me cacher pour célébrer la Messe.

Je vivais avec mon ami, et cela, on ne me le pardonnerait pas. Pourtant, la vie au séminaire n’avait été pour la plupart qu’une vie de couple dans une communauté où 90% des garçons s’arrangeaient avec le Ciel ! Mais la Foi au cœur nous donnait une telle énergie que rien ne nous faisait peur. Dieu était Tout Amour et donc pouvait tout comprendre. Mais je n’ai pas eu l’impression d’une Église qui était cet Amour. Par l’entremise de soutiens et d’amis aux esprits libres et généreux, j’ai pu me frayer un chemin parmi les ronces. Le hasard ou la Providence m’a fait connaître une petite communauté à l’écart d’autres, qui elles, sont reconnues officiellement. Dans un quartier de Toulouse, s’élevait une petite chapelle dont Jérôme Bosch pût s’inspirer pour peindre la pauvre étable de Bethléem. C’était le refuge de toutes celles et tous ceux qui, sur leur chaloupe, se sauvaient du Titanic avant qu’il ne coule.

Artiste peintre, poète et prêtre, c’était l’occasion offerte d’être avec tous ceux que trop péjorativement on appelle des « marginaux ». Quand d’autres habitaient des forteresses de cathédrales, je me suis contenté des cadeaux de la vie à la mesure de mes choix. L’euphorie des années conciliaires était passée comme une tempête qui avait depuis tout balayé sur son passage – une véritable déroute aux forteresses vides. Ceux-là même qui hier me chassaient de leur territoire, se trouvent maintenant à chercher asile dans une Europe déchristianisée. Aujourd’hui, les cathédrales brûlent… je m’en désole. Et pourtant je n’ai jamais été aussi heureux. Je vous dirai pourquoi !

#catholibre #Religion #spiritualité #bernardduvert #pretre #catholique #mouvementchurchart

 

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 12 Février 2021

Vendredi lecture : Roman “Le calice des secrets” de Bernard Duvert @bernardduvertpeintreauteur aux Editions de la Différence.


“L’un et l’autre personnage de cette histoire crurent dès l’origine à leur bonté et aux valeurs inestimables du prêtre. Ils s’aperçurent au fil du temps qu’ils pouvaient appartenir, de par leur nature sexuelle hors la loi, aux cités des réminiscences célestes où demeurent les eunuques. Mais, à la fin, succombant à eux-mêmes, ils se jetèrent résolument dans la perversité.
Puissent-ils, là où ils sont aujourd’hui, dans un monde que nul n’ignore, trouver le vrai bonheur des Enfants du Royaume.
Si les histoires d’amour attirent sur elles les applaudissements du public, la leur ne fait qu’attirer sur eux la honte et la cruauté. Leur vie pourrait-elle s’aliéner dans ses méandres, réunir les deux dans leurs passions secrètes ?
Il ne tient qu’à vous.”
#lecalicedessecrets #roman #pedophilie #eglisecatholique #bernardduvert #editionsdeladifference #catholibre

Le Calice des secretsLe Calice des secrets

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 10 Février 2021

Bengt Lindström a écrit à propos de Bernard Duvert :
"La passion pour la peinture a fait de nous de grands amis. Bernard a comme Van Gogh ce feu dans l'âme qui fait de lui un être exceptionnel. Il connaît les hommes. Sa peinture progresse comme une lente explosion. S'il vous plaît, regardez attentivement sa peinture."

 

Bengt Lindström
Bengt Lindström

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 8 Février 2021

CATHO-LIBRE

 

Plusieurs d’entre vous se demandent comment un prêtre tel que je suis, peut autant être sorti des voies d’autoroutes et avoir la liberté de dire et d’écrire ce que je publie dans mes livres (aux Éditions de la Différence : Offices de nuit, Rose soutane, le Calice des secrets).

Il faut comprendre que depuis mes années de séminaire et jusqu’à mon ordination sacerdotale en 1979, je suis arrivé dans une Église en pleine débandade. Artiste et prêtre, l’Église que je rêvais servir n’était plus en phase avec les turbulences d’un clergé voué à la dérive. Leur système prenait l’eau comme le Titanic et la brèche largement ouverte depuis 1962, l’année du Concile Vatican II, allait faire sombrer peu à peu le Navire.

De mes combats spirituels miraculeusement reliés à ma peinture et à mes écrits, j’ai surnagé au-dessus des flots impétueux. Il me parut alors urgent de partir sur ma chaloupe. Je n’étais plus catholique, mais « catho-libre ».

45 ans plus tard, toute une génération emboîtera le pas dans ma démarche. Il est clair qu’elle ne se sent plus trop concernée aujourd’hui par des réformes désuètes dont la courbe des désaffections des fidèles et des prêtres, montre l’implosion. Les psychanalystes remplacent les confessionnaux et ma liberté d’être ce que je suis a suppléé aux contraintes d’une religion en déroute.

Lundi prochain, je vous dirai la suite de mon aventure…

Père Marie Bernard (Bernard Duvert) avec Patrick Poivre d'Arvor et Andréa Ferréol.

 

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Rédigé par DUVERT Bernard

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Publié le 9 Janvier 2019

  1. Conférence sur "L'homosexualité dans l'Eglise" par le Père Marie-Bernard le Mardi 15 Janvier 2019 à 17h00 à l'Offina Gusto à Toulouse.

     

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Publié le 3 Janvier 2018

Rédigé par DUVERT Bernard

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